Ce 28 août, le Président du Département du Pas-de-Calais, M. Jean-Claude Leroy, a présenté ses priorités pour les 125 collèges du Pas-de-Calais.
Si la FA-FPT CD62 salue les investissements nécessaires dans la rénovation du bâti scolaire, nous ne pouvons rester silencieux face à un discours qui, derrière les chiffres et les projets, semble oublier l’essentiel : les femmes et les hommes qui font fonctionner ces établissements au quotidien.
Les Adjoints Techniques Territoriaux des Établissements d’Enseignement (ATTEE) sont au cœur de la vie des collèges. Or, les annonces du Président soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses quant à leur avenir.
Baisse démographique : une excuse pour réduire les effectifs ?
Le Président évoque une baisse de 1000 élèves à l’horizon 2035. Nous craignons que cette statistique ne serve de prétexte à une future réduction des postes d’ATTEE. Cette crainte est d’autant plus vive que nous avons constaté avec stupeur que des dizaines de contrats d’agents contractuels dans les collèges n’ont pas été renouvelés pour cette rentrée. Malgré nos demandes répétées d’explications, le Département reste à ce jour silencieux, laissant les agents et les équipes dans l’incertitude.
Mettons les choses en perspective : une baisse de 1000 élèves répartie sur 125 établissements représente en moyenne 8 élèves en moins par collège. Qui peut sérieusement prétendre que 8 élèves en moins justifierait la suppression d’un poste ? La charge de travail liée à l’entretien de bâtiments de plusieurs milliers de mètres carrés, à la maintenance des équipements ou à la préparation de centaines de repas restera, elle, inchangée. La propreté des locaux et la sécurité des élèves et des personnels ne dépendent pas de 8 élèves en plus ou en moins.
Fusion de collèges : l’avenir des agents sacrifié sur l’autel de la rationalisation?
L’exemple de Bruay, où la fusion de deux collèges est envisagée, est particulièrement alarmant. Le Président parle de « cohérence » et de « raison », mais omet totalement la dimension humaine. Un collège de 250 élèves et un autre de 350 ont chacun leur propre personnel, dont un agent d’accueil, des agents de maintenance, des agents d’entretien, des agents de restauration.
La question est simple : si deux collèges fusionnent, que deviendra le second agent d’accueil ? Que deviendront les agents en sureffectif dans les cuisines ou les équipes d’entretien ? Sur quels critères sera-t-il décidé qui conserve son poste et son affectation ? Comment seront gérées les mobilités forcées ? Le discours du Président est muet sur ces questions pourtant cruciales pour les agents concernés et leurs familles. Nous ne pouvons accepter que les ATTEE soient la variable d’ajustement de cette réorganisation territoriale.
Des dépenses record ? Remettons les chiffres en perspective.
M. Leroy se félicite que le Pas-de-Calais dépense « deux fois plus que la moyenne nationale » pour ses collèges. Cette affirmation, sortie de son contexte, est trompeuse. Le Pas-de-Calais est l’un des départements les plus peuplés de France, avec une population bien supérieure à la moyenne. Il est donc logique que son budget global soit plus élevé.
La seule comparaison valable est la dépense par collégien. Et là, la réalité est tout autre. Le document de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’Éducation Nationale) de 2021 est clair : avec une dépense de fonctionnement de 1720€ par collégien, le Pas-de-Calais se situe exactement dans la moyenne nationale. Certains départements dépensent plus de 2400€ par élève. Le Département n’est donc pas un « champion des dépenses », il est simplement dans la norme. Il est malhonnête de faire croire le contraire aux citoyens et aux agents.
Ce que le discours ne dit pas : la charge de travail des ATTEE.
Le Président se réjouit, à juste titre, de la qualité du service de restauration scolaire, de la lutte contre le gaspillage alimentaire et des nombreuses actions éducatives. Mais qui assure ces services au quotidien ?
Qui prépare les 5,48 millions de repas annuels, souvent en favorisant des circuits courts plus exigeants en main-d’œuvre ? Les agents de restauration.
Qui entretient et nettoie ces bâtiments que l’on rénove à grands frais pour assurer un cadre de travail sécurisé et sain ? Les agents de maintenance et d’entretien.
Qui assure l’accueil, la logistique et le bon fonctionnement matériel qui permettent à toutes les actions éducatives de se dérouler ? L’ensemble des ATTEE.
Les investissements sont faits dans les murs, mais la qualité du service public repose sur l’humain. Le respect et la reconnaissance de ces agents semblent, une fois de plus, absents des priorités présidentielles.
Conclusion : Exigeons la transparence et des garanties !
La FA-FPT CD62 demande au Président du Département de clarifier au plus vite ses intentions concernant l’avenir des ATTEE dans le cadre des réorganisations à venir. Nous exigeons :
La transparence totale sur les projets de fusion de collèges et sur le non-renouvellement des agents contractuels.
Des garanties écrites sur le maintien de l’emploi et le refus de toute mobilité subie pour les agents concernés.
Une véritable concertation avec les organisations syndicales en amont de toute décision impactant le personnel.
Les ATTEE ne sont pas des pions sur un échiquier budgétaire.
La FA-FPT CD62 sera extrêmement vigilante et mobilisée pour défendre chaque poste et garantir le respect des droits de tous les agents.

