Le Département a décidé de créer un nouveau contrat de travail et compte l’imposer à tous les assistants familiaux.
Ce texte, loin d’être une simple mise à jour, est en réalité une accumulation de régressions pour nos droits et pour la qualité de la prise en charge des enfants.
Pour que chacun comprenne les dangers concrets qu’il contient, la majorité du Bureau syndical lance une offensive d’information. Nous publierons 3 articles par semaine pour décortiquer, point par point, ce projet inacceptable
Voici le premier volet. Nous attaquons aujourd’hui le sujet qui illustre le mieux la déconnexion et l’absurdité de ce texte : l’obligation d’imposer 21 jours de congés (dont 12 consécutifs) aux AF.
Congés payés : Comment le Département s’apprête à priver 4000 enfants de vacances (tout en dépensant 2M€ de plus)
Parmi toutes les régressions du projet de contrat, il en est une qui illustre parfaitement la déconnexion de notre employeur : la nouvelle gestion des congés.
En nous obligeant à prendre 21 jours de congés et en supprimant le paiement des congés non pris en fin d’année, le Département ne fait pas une « avancée sociale » : il brise un système qui profitait directement aux enfants.
Ce que le Département fait semblant d’ignorer
Soyons clairs : l’argent des congés payés de décembre, ce n’était pas un « bonus ». C’était la « cagnotte vacances-Noël » des enfants.
Nous savons tous que les 45€ par an pour Noël et l’anniversaire sont insuffisants. Nous savons tous que si nous voulons emmener les enfants en vacances, c’est à nos frais.
Pire, le Département nous met des bâtons dans les roues ! Comme vous le savez, si vous louez un mobil-home plus grand pour accueillir les enfants, le CNAS vous refuse sa subvention, car vous dépassez votre « composition familiale naturelle ». C’est une honte.
Cette indemnité de congés payés était donc la seule ressource pour :
- Payer le mobil-home plus grand.
- Payer les entrées au parc d’attraction.
- Mettre des cadeaux corrects sous le sapin.
- ….
Plus qu’une question d’argent : une question de lien
Mais le plus grave n’est pas financier. Le Département ignore que pour beaucoup d’entre nous, ces enfants font partie intégrante de notre famille. Nous les considérons et les traitons comme nos propres enfants, tout en restant professionnels.
Ces enfants ont des parcours de vie marqués par les ruptures et les abandons. Leur imposer une séparation obligatoire de 21 jours (dont au minimum 2 semaines consécutive) est une nouvelle violence institutionnelle. C’est une épreuve douloureuse pour eux, comme pour nous.
Partir en vacances avec eux, ce n’est pas seulement les « garder ». C’est leur offrir la seule véritable parenthèse de leur année. C’est le seul moment où ils coupent réellement avec le quotidien (suivis médicaux, visites…), où ils vivent une vie « normale », et où ils se fabriquent les quelques souvenirs d’enfance heureux qui les construiront en tant qu’adultes.
Cette mesure administrative vient balayer tout ce travail affectif et thérapeutique essentiel.
Ce n’est pas un « privilège local », c’est une pratique nationale
Le Département va nous dire que nous étions les seuls à faire ça. C’est faux.
Une étude de la DRESS (Ministère de la Santé) de 2021 montre que 88% des AF en France n’ont pas pris tous leurs congés, et que pour 90% d’entre eux, ces jours ont été payés.
Nos collègues du Nord (CD59), par exemple, voient leurs congés payés directement chaque mois.
Le CD62 fait donc le choix politique de casser un système qui fonctionne partout ailleurs.
L’absurdité finale : payer 2M€ de plus pour un service en moins
Et voici le comble de l’ironie. Selon nos calculs, basés sur le coût d’un remplacement en accueil intermittent (relais), cette mesure va coûter près de 2 MILLIONS D’EUROS supplémentaires au Département.
Résumons : le Département va dépenser 2 millions de plus (alors qu’il refuse le Ségur), pour un résultat où les enfants seront privés de vacances et revivront un sentiment de rupture. C’est une gestion calamiteuse.
Notre position est claire : nous refusons cette mesure rigide, déconnectée et cruelle. Nous demandons le maintien du paiement des congés non pris, un système simple, juste, économique, et qui respecte avant tout le lien et l’intérêt supérieur de l’enfant.
Notre appel à la mobilisation
Parce que cet article n’est que le début de notre combat et que nos droits ne se négocieront pas, nous devons montrer notre détermination.
Le Bureau syndical appelle tous les assistants familiaux et les citoyens solidaires à se rassembler pour une grande manifestation :
Le 13 novembre à 11h Devant l’Hôtel du Département
Ne laissons pas le Département détruire nos acquis et briser le lien avec les enfants. Venez nombreux !

